Discours. Les Jardins de Gandil

Inauguration des « Jardins Marguerite de Gandil »
- Samedi 18 septembre 2010 -
Intervention Daniel Valéro, maire de Genas
Bonjour à tous,Merci d’avoir accepté notre invitation à pique-niquer ensemble à l’occasion de l’ouverture du Jardin Marguerite de Gandil alors que la météo, nous a fait quelques frayeurs jusqu’à la dernière minute…
Tout d’abord merci à Pierre Pionchon, qui est le créateur de ce lieu, et qui a parfaitement compris notre souhait de réaliser un jardin respectueux de l’histoire et de l’esprit du site, ainsi que nos préoccupations en termes d’aménagement urbain et de développement durable.
Merci aussi à toutes les entreprises, qui ont travaillé sur ce chantier dans un délai souvent contraint, afin que vous puissiez profiter de ce jardin au plus tôt et -peut-être- de l’été indien, si nous avons un peu de chance ;
merci aux associations et aux artistes, qui animeront cette journée ; aux services, qui ont piloté ce chantier et ensuite à ceux qui vont faire vivre ce jardin dans le temps ainsi qu’aux agents, qui ont organisé cette petite fête, toute simple avec un petit air de campagne.
Merci enfin à vous, les riverains. Vous avez « mangé » pas mal de poussière pendant l’été et supporté pas mal de bruit…
Mais le résultat est là et ceux qui se sont déjà promenés dans le jardin ne peuvent qu’être d’accord avec moi : c’est un jardin non pas « extraordinaire », mais magnifique. Alors, bien sûr, il faudra patienter un peu pour que les plantes grandissent, mais c’est déjà très prometteur.
Puisque nous sommes entre nous, je peux vous dire que ce jardin revient de loin…Je ne sais pas si vous en avez le souvenir, mais cette ferme -qui est un des derniers vestiges du patrimoine agricole de Genas- devait être rasée et son potager -qui était devenu un terrain vague- remplacé par un immeuble d’habitation et un parking !
Aussi dès mon arrivée, en 2008, je n’ai pas cédé aux offres de certains promoteurs et n’ai pas bradé le terrain communal. J’ai donc souhaité une autre orientation, qui valorise la mémoire du lieu plutôt que la détruire.
Car notre souhait est bien sûr de laisser grandir Genas, mais pas n’importe comment. Nous voulons jalonner la ville d’espaces de respiration, laisser plus de place aux modes doux et développer harmonieusement l’habitat individuel et l’habitat collectif…
Nous avions aussi envie d’une approche nouvelle, qui fasse « vivre » l’histoire.Je ne vais pas refaire l’historique du lieu, il y a aujourd’hui des expositions, qui le décrivent très bien, et une assemblée très compétente en la matière -avec nos associations d’histoire- qui seront là au fil de la journée pour vous raconter tout cela.
Juste pour mémoire et rapidement, ce lieu que nous avons connu enfants comme la ferme Reymond, appartenait avant aux Hospices civils de Lyon, dont c’était le potager. Des malades et des convalescents de la région venaient, par ailleurs, se « refaire » une santé et profiter du bon air de Genas.
J’étais donc très tenté de remonter le temps avec un jardin à l’ancienne, qui donnerait l’impression de traverser un village. L’idée n’était vraiment pas de créer une roseraie comme celle du parc de la Tête d’Or, très belle au demeurant, mais un jardin naturel. Un jardin champêtre, presque modeste, comme pouvaient l’être la ferme et son potager. Nous voulions également un jardin durable, qui soit économe de nos ressources et astucieux dans le choix des espèces pour faciliter son entretien.
Et c’est bien ce qui nous a séduit dans la proposition de Pierre Pionchon : son naturel, son respect de la nature et d’une certaine façon, sa modestie. Tout cela s’imaginait d’ailleurs très facilement sur les belles esquisses qu’il nous a proposées. Nous aurions même pu les exposer aujourd’hui. Vous auriez mesuré à quel point, ce qu’il avait imaginé, a pris forme sous nos yeux.
Alors que ce potager était complètement à l’abandon, l’architecte nous a fait rêver avec un jardin d’abondance, débordant de plantes et de fleurs, mais aussi de feuillages et d’espèces anciennes, pour retrouver l’atmosphère paisible, qui régnait aux abords de la ferme.
Il nous a converti au jardin « plissé en terrasses », pour reprendre sa très jolie expression, avec les fameux murs en gabion, qui montrent le chemin, avec les terrasses pour s’asseoir, les pergolas…
Bref, ce projet a donné du LIEN à ce quartier où l’on avait posé -les uns à côtés des autres- des immeubles, des villas, des espaces associatifs, un Relais d’Assistantes Maternelles ou une ludothèque. Désormais tous ces éléments ont un vrai point commun : leur jardin.
Et notre idée est vraiment de s’en servir comme d’un trait d’union entre les habitants, les utilisateurs des structures, les passants et les promeneurs pour partager un peu de temps ou des jeux. Vous l’avez sans doute remarqué, ce n’est pas seulement un jardin pour se reposer ou se promener ! C’est aussi une aire de jeux pour les petits -avec les éléments qui se trouvent juste en face de nous- mais aussi pour les grands -avec un très joli terrain de pétanque juste au-dessus-.Notre pari : que cet espace accueille toutes les générations et que chacun y trouve de quoi se distraire ou passer un bon moment, ensemble, sans se gêner.
Vous l’avez vu, les piétons ne croiseront pas les vélos. Les voitures ou les scooters ne mettront plus en danger les enfants qui sortent du RAM ou de la ludothèque, ni les personnes à mobilité réduite. Les 2 roues motorisées seront écartées, en revanche les fauteuils roulants ou les poussettes pourront entrer grâce à un très ingénieux système de portiques, réalisé sur mesure. Je salue d’ailleurs le travail du serrurier, qui a fabriqué une splendide clôture à l’ancienne, qu’on croirait tout droit sortie de l’héritage de la famille de Gandil.
Alors bien sûr, il faudra faire évoluer quelques habitudes, comme par exemple, se garer 50 m plus loin, allée des Cèdres. Mais, d’un coup, le site est sécurisé et paisible comme un jardin.
C’est d’ailleurs un jardin avec une « vraie » porte. Comme quand on entre chez soi. On retrouve ainsi la vraie origine du mot jardin, que j’ignorais complètement, mais qui provient du mot « enclos », donc un lieu plus ou moins fermé. Car même si ce lieu appartiendra à tous, on ne pourra pas rester la nuit. Sa porte se ferme à la tombée du jour et se ré-ouvre au matin, quand la vie reprend. Pendant la journée, il permettra de relier en modes doux le haut et le bas de la ville pour aller à l’école ou faire ses courses.
Ceci est l’un des autres paris de ce jardin, qui relie désormais le quartier de la rue du Château d’eau au centre ville. Jusqu’ici, il fallait prendre sa voiture car il était difficile de traverser du Nord au Sud. Désormais, cet espace offre aux habitants des deux quartiers, une alternative douce pour -de temps en temps- laisser la voiture au garage.
Alors il y a encore un peu de travail, c’est sûr. 300 000 euros ont déjà été investis dans le jardin et nous poursuivrons, dans les années à venir, la réhabilitation de la ferme pour l’ouvrir -elle aussi- à la population et aux associations. Très vite, elle se parera de nouvelles couleurs et le traitement extérieur sera achevé.
Il reste aussi quelques habitudes à changer ou à prendre pour que chacun profite pleinement de ce très joli jardin. Je suis sûr qu’il vous plaira et que vous reviendrez souvent.
D’ailleurs, il paraît que, pour les Français, le jardin est la deuxième « pièce » la plus importante de la maison, juste derrière le salon, mais devant la cuisine !
Aujourd’hui, vous n’aurez pas à choisir entre le jardin ou la cuisine, puisque nous vous invitons à manger dans le jardin un pique-nique campagnard….
Donc rendez-vous tout de suite et bon appétit !







